🦋 Une population d’AzurĂ© du trèfle dĂ©couverte dans l’Avesnois !

Publié le

1 septembre 2026

L’Azuré du trèfle (Cupido argiades), une espèce en pleine expansion 🦋

Le 07 août 2026, Claude Fiévet et Hubert Seignez accompagnent Théalie Dhellemmes sur le terrain pour actualiser la liste des espèces d’une ZNIEFF dans l’Avesnois. Lors de cette prospection, notre première surprise fut de capturer une femelle d’Azuré du trèfle dans une prairie humide qui s’est fortement asséchée.
Même si cette espèce a été observée à plusieurs reprises dans l’Avesnois ces dernières années (11 données jusqu’à cette date dans SiRF dont une dans le Valenciennois), c’est la première fois qu’elle est mentionnée à Catillon-sur-Sambre.
Mais nous n’étions qu’au début de notre étonnement ! Car l’après-midi, lors de nos recherches sur un autre secteur humide encore bien vert et partiellement boisé au sud de la commune, 11 individus furent capturés (8 mâles et 3 femelles) par l’équipe, alors que les données précédentes ne faisaient mention que d’un individu à chaque fois !
Une photo de la star et ses paparazzis en arrière-plan illustrent l’émerveillement des trois naturalistes.
La journée de prospection s’acheva par la capture d’une femelle sur le chemin de halage du canal reliant la Sambre à l’Oise. Un total de 13 individus avait donc été observé sur une seule journée !
L’Azuré du trèfle de la famille des Lycaenidae affectionne particulièrement les prairies mésophiles ou humides et se rencontre plus rarement sur les pelouses calcaires. Il était absent des départements du nord-ouest de la France en 2000 (Lafranchis, 2000). La première observation dans le Nord-Pas-de-Calais date du 3 juillet 2018 (Claude Fiévet, obs. pers, SiRF, iNaturalist, GBIF).
Les plantes-hôtes de sa chenille sont très nombreuses et présentes chez nous (le Trèfle des prés, le Lotier corniculé et la Luzerne cultivée). Les chenilles sont fréquemment associées à des fourmis : les chenilles sécrètent un miellat apprécié des espèces du genre Formica qui les protègent en retour. L’espèce vole en 3 générations dans la moitié sud et 2 générations plus au nord (Lafranchis, 2000).
Le réchauffement climatique lui a certainement offert la possibilité d’étendre son aire de répartition. Sa présence dans le département du Nord et particulièrement dans l’Avesnois semble exploser cette année, probablement en raison des températures particulièrement élevées, puisque le nombre de données recueillies cette année s’élève pour l’instant à 14 (SiRF, Inaturalist, GBIF, consultés le 17/08/2026), avec des effectifs qui restent relativement faibles par rapport aux données enregistrées par nos voisins belges ces derniers jours : 65 individus le 10 août ; 111 le 11 août ; 59 le 12 août (observation.be).
Sa reproduction apparaît donc comme probable en Avesnois.
Son implantation sera-t-elle provisoire ou durable ? Seul l’avenir nous le dira.
A noter : une femelle découverte en août 2025 par Marie Delaire dans une prairie de Saint-Amand-les-Eaux, puis un mâle par Vincent Gavériaux.
Les conditions n’étaient pas réunies cette année pour confirmer la présence de l’espèce.
Bibliographie.
Lafranchis, T., 2000. Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles. Collection Parthénope, éditions Biotope, Mèze (France). 448p.
Lafranchis, T., et al., 2015. La vie des papillons – écologie, biologie et comportement des Rhopalocères de France, éditions Diathéo. 751p.
Site internet consulté : observation.be, SiRF, Inaturalist